• Une vignoble se cache au coeur d'Angers

     
    L'association Vignes en ville redonne vie à un vignoble du quartier Saint-Nicolas. Et renoue le contact entre citadins et agriculture.

    L'initiative : C'est un petit coteau qui mousse de rayons... Passé le portail vert de l'étroite rue Ambroise-Paré, un hectare de vignes de chenin blanc plonge dans l'étang Saint-Nicolas. La congrégation du Bon-Pasteur cache là, au coeur d'Angers, un petit vignoble millénaire où le chant des oiseaux se mêle au bruit de la circulation.

    « Un lieu propice pour renouer le contact entre les citadins et l'agriculture », explique Sébastien Couvreur, président de l'association Vignes en ville. Créée en décembre dernier, cette association loue le terrain... gratuitement. Et propose à sa centaine d'adhérents de venir travailler la vigne et de suivre tout le processus de vinification. Pour produire in fine un vin blanc sec et pétillant, entièrement biologique, au nom évocateur Coeur d'Angers.

    Chaque week-end, sous la houlette d'ingénieurs agronomes, une quinzaine de volontaires apprennent à tailler la vigne. Une façon d'avoir la main verte, sans trop d'ampoules : « L'idée, ce n'est pas de se tuer à la tâche, mais de se rééduquer à la nature », explique Sébastien, un sécateur à la main. Étudiants, retraités, familles, travaillent dans une ambiance conviviale : « Même sous le torrent de pluie de samedi dernier », sourit Joannie, la secrétaire de l'association.

    Les enfants aussi ont du boulot : faire des fagots. Et puis vient l'apéro, une dégustation de vin, toujours pour s'instruire... Après la taille, l'association abordera le suivi de la floraison, puis les vendanges et enfin la mise en bouteille. « Tout le monde attend ce moment avec impatience », affirme Sébastien. Les vignerons en herbe seront vraisemblablement les seuls à pouvoir boire le vin, la production ne devrait pas dépasser 30 hectolitres.

    « Les paons viennent bouffer notre raisin, les chenapans ! », tempête Joannie. Les murets en vieilles pierres sont délabrés et offrent une entrée aux animaux du parc Saint-Nicolas. « On a encore beaucoup de boulot avant de rendre notre projet entièrement viable », avoue Sébastien. Le pressoir est troué, les cuves ne sont pas aux normes d'hygiène, et, sur les coteaux, la terre doit être solidifiée... Mais produire du vin bio rend la besogne plus sympathique : « Un cheval de trait va bêcher la terre remplie de pesticides, et on va utiliser du fumier comme engrais organique », explique Sébastien.

    Vignes en ville foisonne d'idées pour le futur. « On veut devenir une vitrine de l'agriculture à Angers. » L'association envisage des sorties scolaires, de faire intervenir l'association de vignerons bio Anges vins sur des thématiques précises et d'ouvrir ses portes lors de la journée du Patrimoine.

     


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